
Un morceau bien particulier qui évoque un souvenir personnel assez mémorable. Retrouvé par hasard, fallait raconter l’histoire.
Berlin, 1er mai, open air au Görlitzer Park. C’est la fin de l’après-midi, d’immenses enceintes se font entendre depuis plusieurs heures dans tout Kreuzberg. L’amphithéâtre fourmille de personnes et le sable de l’arène palpite sous le martellement régulier des pieds des danseurs. Le soleil commence à décliner mais les pierres ont gardé la chaleur de la journée, enveloppant ainsi les corps dans une tièdeur presque maternelle. Pas très loin de l’entrée, un plus petit open air commence son set. Battements réguliers, mais plus paisibles, pas d’énervement. Un écho plus ou moins fort s’installe par intermitence entre des claps énergiques pour laisser ensuite place à une vibration électrique légèrement assourdie. A mesure qu’elle s’éclaircie, la transe se lance. Dès lors, une petite centaine de personnes se retrouve plongée dans un état de félicité absolue. Le temps s’arrête, la musique semble retenir la tombée du jour. Le soleil n’est plus visible mais ses rayons illuminent encore des visages sereins. Lorsque cette voix aux reflets étranges s’élève, elle apporte un moment de calme et de contentement, qui à l’inverse de frustrer les jambes et le rythme, va redonner toute son harmonie au morceau, le faisant vibrer de plus belle. On peut l’écouter en boucle pour espérer baigner encore un peu dans cette douce illusion.
Un genre bien différent maintenant avec ma redécouverte de l’album Pip Paine (Pay The £5000 You Owe) du groupe anglais Metronomy, sorti en 2006, et dont voici deux morceaux, deux claques.
Metronomy – You Could Easily Have me
Un riff qui secoue pour bien débuter. Le voila qui se dédouble. Il est ensuite rejoint par un son saturé, à mi-chemin entre une bouche collée à un micro et des doigts glissant contre les cordes d’une guitare éléctrique. Et puis ça commence à vrombir dans un capharnaum délicieux. C’est le début d’une course onirique. Dans un tourbillon de bruits électriques, on assiste à une poursuite infernale. Une partie de la musique semble vouloir s’échapper alors que l’autre tente de la rattraper. C’est aussi aggressif qu’addictif et cela frustre autant que cela satisfait. Entre le jeux video déjanté et le bad trip sous champi, une musique stressante, un tantinet flippante mais diablement kiffante.
Metronomy – Black Eye / Burnt Thumb
Là joue un orchestre ensorcelé, les instruments s’animent contre leur volonté. Ils s’accordent au début sur l’harmonie comme sur le thème puis un riff sec de guitare impose la marche à suivre. On sent pourtant que la mélodie se cherche encore. Viennent alors les instruments à vent, et déjà la musique prend de l’assurance. Enfin ça y est, elle s’emballe et s’excite crescendo. On retrouve alors le thème, repris mais accompagné de grosses basses bien lourdes et péchues. Les sons très électriques, marque de fabrique des artistes se font de la place et tourbillonnent dans une folie orechstrale. A coup de rythmes saccadés, d’arrêts brutaux et par des revirements violents, la mélodie ne cesse d’évoluer jusqu’à s’éteindre enfin, les instruments quittant leur valse les uns après les autres. On termine sur une touche plus ordonnée, plus mesurée.
ftdm
